Page:Jarry - Albert Samain, 1907.djvu/33

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Tout poète a son mot aimé, fréquent et familier, que l’on pourrait dire sa devise :


Et les enfants penchés sentent en frémissant
Leur petit cœur cruel réjoui par le sang.

Aux Flancs du Vase, Ardagon le Boucher.


Eaux courantes, bois verts, feuillage frémissant,
Le clair frisson du monde a passé dans son sang.

Ibid. Axilis au ruisseau.


À qui perçait, en plein jour, les rayons infrarouges du soleil sous l’horizon, il est naturel que vienne l’amour des crépuscules, qui ne sont pour nous qu’une nuit commençante, parce que nous ne discernons point la multiplicité de leurs teintes atténuées, que des visions plus minutieuses savent poursuivre à l’infini :


Voici que les jardins de la nuit vont fleurir,
Les lignes, les couleurs, les sons deviennent vagues.
Vois, le dernier rayon agonise à tes bagues.
Ma sœur, entends-tu pas quelque chose mourir ?

Au Jardin de l’Infante, p. 29.