Page:Jarry - Albert Samain, 1907.djvu/35

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De vers blonds où le sens fluide se délie
Comme sous l’eau la chevelure d’Ophélie,

De vers silencieux, et sans rythme et sans trame,
Où la rime sans bruit glisse comme une rame,

De vers d’une ancienne étoffe, exténuée,
Impalpable comme le son et la nuée,

De vers de soir d’automne ensorcelant les heures
Au rite féminin des syllabes mineures,

De vers de soirs d’amour énervés de verveine,
Où l’âme sente, exquise, une caresse à peine,

Et qui au long des nerfs baignés d’ondes câlines
Meurent à l’infini en pâmoisons félines,
Comme un parfum dissous parmi des tiédeurs closes,

Violes d’or et pianissim’ amoros’

Je rêve de vers doux mourant comme des roses.

Au Jardin de l’Infante, p. 55.


Douceur, dignité cérébrale, aristocratie, quoiqu’il fût du peuple, courtoisie impénétrable, horreur de la lumière crue et nostalgie du passé — recul