Page:Jean de Léry - Voyage au Brésil - Gaffarel vol 1, 1880.djvu/205

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L’autre nommé Canidé, ayant tout le plumage sous le ventre et à l’entour du col aussi jaune que fin or : le dessus du dos, les aisles et la queuë, d’un bleu si naif qu’il n’est pas possible de plus, estant advis qu’il soit vestu d’une toile d’or par dessous, et emmantelé de damas violet figuré par dessus, on est ravi de telle beauté.

Les sauvages en leurs chansons, font communément mention de ce dernier, disans et repetans souvent en ceste façon : Canidé-iouve, canidé-iouve heuraouech : c’est à dire, un oyseau jaune, un oyseau jaune, etc., car ioune ou ioup veut dire jaune en leur langage. Et au surplus, combien que ces deux oyseaux ne soyent pas domestiques, estans neantmoins plus coustumierement sur les grands arbres au milieu des villages que parmi les bois, nos Toüoupinambaoults les plumans soigneusement trois ou quatre fois l’année, font (comme j’ay dit ailleurs) fort proprement des robbes, bonnets, bracelets, garnitures d’espées de bois et autres choses de ces belles plumes, dont ils se parent le corps. J’avois apporté en France beaucoup de tels pennaches : et sur tout de ces grandes queuës que j’ay dit estre si bien naturellement diversifiées de rouge et de couleur celeste : mais à mon retour passant à Paris, un quidam de chez le Roy, auquel je les monstray, ne cessa jamais que par importunité il ne les eust de moy.

Quant aux Perroquets il s’en trouve de trois ou quatre sortes en ceste terre du Bresil : mais quant aux plus gros et plus beaux, que les sauvages appellent Ajourous, lesquels ont la teste riolée de jaune, rouge et violet, le bout des aisles incarnat, la queuë longue et jaune, et tout le reste du corps vert, il ne s’en repasse pas beaucoup pardeçà : et toutesfois outre la