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Scène I


Polynice,, l'épée à la main, au pied des murs de Thèbes

deux capitaines grecs



Polynice

Là, si ton lâche cœur enfin se peut résoudre,

Tu laisseras la vie, ou j'y mordrai la poudre,

Là, ton sang ou le mien signera nitre foi ;

Là, de la main des dieux Thèbes prendra son roi.

Sors donc, traître ; l'honneur à ce devoir t'engage : [330]

La diligence ici doit prouver le courage,

Et, depuis le défi que mes traits t'ont porté,

Chaque instant qui se perd marque ta lâcheté.

Ah! Qu'un fâcheux devoir de ta ville t'arrache !

Qu'un traître a peu de cœur, et qu'un perfide est lâche ! [335]

Quel emploi t'a déjà tant de fois retenu ?

Il ne faut point d'apprêt à paraître tout nu.


Premier Capitaine

En ces effets bien moins de valeur que de rage.

La nature, Seigneur, dispense le courage ;

Vous auriez plus de cœur si vous en aviez moins. [340]


Polynice

Laissez juger aux dieux, ne soyez que témoins.



Scène II

{{PersonnageD|Polynice,|c|l'épée à la main,