Page:Jean de Rotrou-Oeuvres Vol.4-1820.djvu/48

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Mais pourquoi, trompeuse déesse,

S'il est vrai que tu n'as point d'yeux [675]

Est-ce plutôt à de hauts lieux

Qu'à des toits de bergers que ta rigueur s'adresse ?

Tu ne peux voir la tête d'un roi

L'éclat que tu lui donnes ;

Et qui tient de toi des couronnes [680]

A toujours guerre avec toi.



Scène II


Hémon, Antigone



Antigone

Tu reviens seul, Hémon ? Ô sinistre présage !

Que je lis d'infortune aux traits de ton visage !


Hémon

Il vous faut divertir par un autre entretien.


Antigone

Hélas ! Tu me dis tout en ne me disant rien. [685]


Hémon

Madame, je croyais que la commune plainte

Vous eût déjà livré cette sensible atteinte,

Et fût cause du deuil que je rencontre ici.


Antigone

Étéocle est-il mort ?


Hémon

Et Polynice aussi.

Faites à ce grand cœur faire un effort extrême ; [690]

Opposez la nature à la nature même.