Page:Jevons - La monnaie et le mécanisme de l’échange.djvu/117

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



CHAPITRE XII
la lutte des étalons


Depuis que les grandes découvertes d’or en Californie et en Australie ont commencé à changer la valeur de ce métal relativement à l’argent et aux autres marchandises, on n’a jamais cessé, de discuter sur l’unité de valeur ou étalon qui devrait être adopte définitivement. On a vu des partisans de l’étalon d’argent, maintenant suranné, du double étalon, et de l’étalon d’or. Comme nous possédons depuis longtemps en Angleterre un étalon d’or, ces discussions n’ont pour nous qu’un intérêt secondaire, bien qu’on pût composer toute une bibliothèque des livres qui ont été écrits à ce sujet par des économistes distingués de France, de Belgique, d’Allemagne, de Suisse, d’Italie et de Hollande. Les changements opérés dans les monnaies d’Europe depuis 1849 sont considérables. Quelques nations ont plus d’une fois changé toute l’économie de leur système. La Hollande, prévoyant une grande baisse dans la valeur de l’or, adopta l’argent comme étalon unique en 1850. Ce changement ne put s’effectuer qu’avec une perte pécuniaire considérable, et la Hollande, on le comprend sans peine, est encore exposée à de nouveaux embarras et à des dépenses nouvelles, soit qu’elle adopte, comme l’Allemagne, un étalon d’or unique, soit qu’elle admette en même temps une monnaie d’argent à cours restreint, comme la Belgique et les autres alliés monétaires de la France.