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ISÈRE.

faire des mortiers, des vases d’ornement, etc. ; malheureusement la difficulté des transports s’oppose à son exploitation.

Le nombre des carrières de pierre de l’Isère est considérable. Montalieu est renommé pour ses pierres dures, dont s’approvisionne la ville de Lyon. À Claix, on se livre à l’exploitation de belles roches semblables à celles de Sassenage, et employées surtout à la fabrication du ciment. Les belles carrières de Tencin fournissent des pierres schisteuses dont on s’est servi pour bâtir en grande partie les digues de l’Isère. Dans les environs de Trept sont des carrières d’une pierre blanche très-propre à la construction. Au pied des escarpements de la Gardette, on exploite des blocs de pierre écroulés du haut de la montagne. Il existe aussi des carrières de pierre dans les environs d’Amblagneux, de Saint-Alban, de Grenoble, d’Hyères, de Morestel, de Saint-Quentin-sur-Isère, de Voreppe, du Fontanil, de la Sône, etc.

Les sables réfractaires sont exploités principalement à Voreppe. — Le tuf se trouve dans les environs de Vizille, à Saint-Sauveur, à la Buisse, et dans un grand nombre d’autres localités. — Le territoire de Bernin et les environs de Grenoble, renferment de la pierre à ciment d’une qualité supérieure. — Saint-Christophe-en-Oisans possède une mine de graphite inexploitée. — Les carrières de gypse, très-nombreuses, se trouvent toutes dans l’arrondissement de Grenoble.

Les ardoisières de l’Isère se trouvent dans la vallée de la Romanche. Les produits en sont fins et légers, mais ils durent peu. Les ardoisières en exploitation sont celles d’Allemont, de Mizoën, du Mont-de-Lans, d’Oz, d’Ornon, d’Oulles, dont les ardoises sont très-estimées. Les lauzes, ardoises épaisses employées pour le carrelage et pour la couverture des maisons dans quelques villages, s’exploitent principalement à Montchaboud, au-dessus de Vizille, à Fontaine, et sur la montagne de Brame-Farine.

L’Isère renferme deux concessions houillères, sur les communes de Communay et de Ternay, aux environs de Vienne ; elles font partie du bassin de Rive-de-Gier, qui se continue par-dessous le Rhône.

Les principales mines d’anthracite (900,000 quintaux métriques environ de combustible par an) se trouvent dans le canton de la Mure. L’exploitation en est considérable. Sur le plateau de Brandes est une carrière d’anthracite d’où il s’extrait chaque année 1,000 à 1,500 quintaux métriques, puis une autre carrière plus élevée, dont l’exploitation, à cause du froid, ne peut être régulière que pendant trois mois de l’année. Ce gîte, de 2 ou 3 mètres d’épaisseur, forme l’extrémité septentrionale d’une branche de grès à anthracite qui commence au rocher de Ferrarez, près de Venosc, et traverse la vallée de la Romanche en se dirigeant en droite ligne vers le nord. Sa longueur