Page:Joanne, Géographie de l’Isère, 1876.djvu/52

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
49
COMMERCE, CHEMINS DE FER, ROUTES.

terrains jurassiques des environs. Les deux établissements situés près de la porte de France produisent de 40 à 50,000 quintaux métriques par an.

La fabrication des liqueurs forme une branche assez importante de l’industrie de l’Isère. Il faut citer en première ligne les deux espèces de liqueurs de la Grande-Chartreuse, fabriquées par les moines du monastère avec les plantes aromatiques qui croissent en abondance dans les montagnes voisines. L’une est l’élixir, espèce de médicament ; l’autre, la liqueur connue sous le nom de chartreuse. Il entre dans sa composition de petits œillets rouges, de la mélisse, de l’absinthe, et aussi de jeunes bourgeons de sapin et du bois de calycanthus. Il y a trois espèces de chartreuse : la verte, la jaune, la blanche. La verte est la plus forte, la blanche la plus faible ; généralement on préfère la jaune. On fabrique de la liqueur imitation de la chartreuse à Saint-Laurent-du-Pont, et des liqueurs de différentes espèces à Grenoble, Saint-Marcellin, au Grand-Lemps, à Voiron (4 fabriques, dont la plus importante est celle de MM. Brun-Pérod, inventeurs du chinachina), la Côte-Saint-André, la Frette, la Chapelle-du-Bard, dont les importantes distilleries fabriquent un kirsch estimé ; de l’absinthe, à Bourgoin.

Saint-Marcellin produit de petits fromages appelés tomes. Les fromages de Sassenage viennent du canton de Villard-de-Lans et non de Sassenage, qui n’en fabrique pas. Izeaux se distingue par une industrie toute locale ; la commune compte 60 maîtres cordonniers, dont les produits s’exportent dans tout le département et dans les départements voisins.


XII. Commerce, chemins de fer, routes.


Le commerce du département se résume presque tout entier dans l’exportation, qui est considérable. Les importations sont relativement nulles. L’Isère exporte principalement des métaux ou travaillés, du plomb et du cuivre laminés, des instruments de chirurgie ; des soies moulinées et organsinées, des soieries, taffetas et velours ; des gants vendus dans toute l’Europe et en Amérique ; des toiles de Voiron, qui s’expédient surtout en Espagne et dans l’Amérique du Nord ; des draps ; des plantes alpines, que les habitants de l’Oisans colportent eux-mêmes dans le monde entier ; des fromages d’Oisans et de Sassenage ; du chanvre ouvré ; du ciment de la Porte de France, dont la réputation est européenne ; des châtaignes vendues sous le nom de marrons de Lyon ; des bois de construction ; des marbres ;