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Accent.

L’accent, a dit le grammairien latin Diomède, est l’âme du mot. Il est resté en général, dans les langues romanes, à la place qu’il occupait dans le latin vulgaire. L’accentuation du latin vulgaire elle-même ne différait que sur quelques points de celle du latin classique : ainsi on accentuait en latin vulgaire bátt(u)ere > battre, au lieu de battúere, cóns(u)ere > cousre, cousdre, coudre, au lieu de consúere; filiólus > filleul (lat. cl. filíolus), muliérem > a. fr. moillier (esp. mujér) (lat. cl. mulíerem), etc.

Les mots latins de deux syllabes sont accentués sur la première : rósa, témplum, sóror, cánem > fr. temple, rose, sœur, chien.

Les mots de trois syllabes et au-dessus sont accentués :

  1. sur l’avant-dernière (ou pénultième, du mot latin pænultimus, qui signifie : presque dernier, avant-dernier) quand cette avant-dernière voyelle est longue en latin classique :
Ex. :
  • sorṓrem > a. fr. serour ;
  • favṓrem > faveur ;
  • vicī́num > voisin ;
  • divī́num > devin, etc.
  1. sur l’antépénultième (c’est-à-dire sur la troisième syllabe en partant de la fin du mot) quand l’avant-dernière voyelle est brève en latin clasique.
Ex.:
  • cárcĕrem > a. fr. chartre ;
  • fémĭnam > femme ;
  • ásĭnum > âne ;
  • júvĕnem > jeune, etc.