Page:Joseph Anglade - Grammaire élémentaire de l'ancien français.djvu/208

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


CHAPITRE VII


VERBES

OBSERVATIONS GÉNÉRALES
Accord.

Le verbe précédé de plusieurs sujets peut s’accorder avec l’ensemble des sujets et se mettre au pluriel. Mais la liberté de construction est si grande dans la langue du moyen âge que le verbe peut ne s’accorder qu’avec le sujet le plus rapproché, même si ce sujet est au singulier et que l’autre ou les autres soient au pluriel ; cela arrive surtout quand les sujets sont joints entre eux par et et de préférence par les particules disjonctives ne, ou.

Ex. :

Murs ne citét n’i est remés a fraindre. (Rol., 5.)
Ni mur ni cité n’y sont restés à renverser.
Car molt vos priset mes sire et tuit si home. (Rol., 636.)
Car mon seigneur et tous ses hommes vous prisent beaucoup.

Les noms collectifs, comme gent, peuple, mesnie (maison, entourage d’un grand personnage), chevalerie, etc., sont souvent suivis d’un verbe au pluriel.

Ex. :

La gent de Rome, qui tant l’ont desidrét,
Set jorz le tienent sour terre a podestét. (Alexis, 571.)