Page:Joseph Reinach - Histoire de l’Affaire Dreyfus, La Revue Blanche, 1901, Tome 1.djvu/345

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Tous les députés connaissaient la suppression des pontonniers, et tous les sénateurs, et tous les lecteurs attentifs, civils ou militaires, des journaux[1].

Et le juge conclut par cette explication psychologique, renouvelée simplement de l’ancienne suspicion d’hérésie : « Le capitaine Dreyfus possède, avec des connaissances très étendues, une mémoire remarquable ; il parle plusieurs langues, notamment l’allemand, qu’il sait à fond, et l’italien, dont il prétend n’avoir plus que de vagues notions ; il est de plus doué d’un caractère très souple, voire même obséquieux, qui convient beaucoup dans les relations d’espionnage avec les agents étrangers. Il était donc tout indiqué pour la misérable et honteuse mission qu’il avait provoquée ou acceptée, et à laquelle, fort heureusement peut-être pour la France, la découverte de ses menées a mis fin. »

Quand le représentant d’une juridiction, haute et terrible entre toutes, demande la condamnation d’un homme sur un pareil réquisitoire, d’une niaiserie féroce, l’une des hontes de la justice humaine à travers les âges, c’est que le principe même de ces tribunaux d’exception, recrutés au hasard, dominés par le fanatisme et l’ignorance, est incompatible avec la Raison et avec le Droit.

    jours d’août. Ainsi, son envoi comprenait, d’après Mercier, des renseignements qui dataient de 1890 — frein du 120, — du 8 juillet 1894 — formation de l’artillerie, — du 20 août — note de Du Paty sur Madagascar, — et du 30 août — instructions relatives aux troupes de couverture.

  1. Le projet de loi fut déposé le 10 mai 1894 ; la commission de l’armée en fut saisie le 16 ; la loi fut votée le 21 mai et promulguée le 29 juin.