Page:Joubert - Pensées 1850 t2.djvu/379

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O 374 ii vez étre content‘de lui. Il est tout glorieux , parce qu’il - it a trouvé une nouvelle traduction de son ouvrage, qu’on ii a imprimée ici, et qui paralt en ce moment. Pour moi, ci je ne suis que triste, parce que je vais bientot le perdre. ii Rappelez—nous au souvenir de M. Molé, etc. ii Vous savez notre histoire de Lyon. A présent vous ii comprendrez comment on aime mieux un brigand qu’un a pistolet. » Je n’ai pas sous les yeux la deuxieme lettre a ma fem- me, et qui est encore plus piquante. Au moment ou elle arrivait, son mari était parti la veille it dix heures du soir. ll voyage toujours la nuit, comme vous voyez. Elle était seule, désolée, et attendant Ballanche pour la rame- ner. it Le temps du repentir est arrivé, » disait-elle, etc. Elle allait rapidement reprendre le meme chemin, et at- tendre a Lyon que nous fussions de retour a Villeneuve, ou elle passera les premiers mois de son veuvage. En ce moment, elle était accablée de sa tristesse et du sirocco. it C’est un vent qui coupe bras et jambes, » ajoutait-elle; ii quand vous rencontrez un Vénitien, il vous dit : Siroc- ¤ co, simcco! Vous lui répondez: Sirocco, sirocco! Avec ii ce seul mot d’italien, on en sait autant qu’il en faut pour ¤ faire la conversation pendant tout un été. » Je ne me souviens que de ce passage. Tout le reste était • de cette drdlerie. Cette petite femme a fort bien fait de voyager. La nouveauté des objetsvdonne a son esprit un exercice involontaire qui lui reposera le ccnur. Dieu les conduise et les raméne tous les deux !.j'entends la femme et le mari. Nous eonsolerons celle—ci du mieux que nous pourrons. C’est facheux de ne pouvoir espérer des nouvelles de l’autre que par son retour et sa préscnce. Enlin, il faut espérer que la méme Providence que vous Digiiized by Gcogle