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JOURNAL DE MARIE LENÉRU

Voilà bien des jours que je fais mal ma prière, mais très mal. je tâche cependant d’y faire bien attention et comme je ne réussis pas, je ne peux pas m’empêcher d’admirer un saint dont on nous a parlé au catéchisme, qui s'accusait de n'avoir pas été attentif dans ses prières environ la durée d’un Are Maria, en six mois! C’est moi qui voudrais en faire autant! Malheu- reusement, je ne suis pas une sainte.

Vendredi 4 février.

Comme je fais mon journal irrégulièrement! Du 21 janvier au 4 février! Mais maintenant il va être plus régulier, voilà pourquoi : dernièrement, j’ai eu un peu de fièvre, en sorte que maman ne me fera apprendre pour le cours qu'une leçon par jour, Par conséquent, il en résultera que j’aurai beaucoup plus de temps, et je suis bien résolue de le passer à faire mon journal ; maman, à qui je viens de lire ce que j’ai écrit, se moque de moi en disant que je passerai ce temps à jouer.

Il y a une épidémie de rougeole à Montpellier et Carle a eu et a même encore un peu de fièvre, de sorte qu’on a eu très peur, croyant que c’était la maladie épidémique, les petites Chivaud l'ayantl. Henriette et Madeleine ont bien vite déménagé et sont allées à l’hôtel du Midi. Madame Legros les surveillait. Hier, tante Alice est venue les chercher. Elle est arrivée le matin et repartie ce matin; j'ai été avec maman à sa rencontre à la gare, j'ai déjeuné avec elle à l’hôtel ; nous avons été l’après-midi faire des courses et le soir nous avons dîné ensemble. Après le dîner, on a délibéré sur la rougeole, mais maman a fait chercher un landau et nous avons été chez Mme Vernhette où l'on a continué la conversation toujours croyant que Carle avait la rougeole. Là, enfin, nous avons vu ce que c’est qu’un moine pour chauffer les lits. Maman n’en avait jamais vu ; comme ça faisait gonfler un peu les couver

À l’étage au-dessus de l'appartement des Dauriac.