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ANNÉE 1887

Lundi 8 août.1

En résumé, la journée dont je viens rendre compte a été assez bonne ; j’aurais dit tout à fait, s’il n’y avait pas eu un ou deux petits écarts des sentiers de la vérité, mais ça a été bien peu de chose, aussi je dois avouer que sur ce point, j’ai remporté une victoire presque complète. Reste à faire ainsi de tous mes autres défauts et alors, je serai contente. J’ai aussi à me reprocher d’être depuis quelques jours, fort paresseuse pour mon piano et comme maman désire que je le fasse, ça devient donc aussi de la désobéissance. Ah ! j’ai bien besoin d’aller me confesser, mais je ne sais jamais comment demander cela à maman ; pourtant, je ne suis pas comme cette pauvre Fernande ; je suis sûre qu’on me dira oui ; enfin, je compte m’exécuter aujourd’hui et le demander à maman.


Mardi 9 août.

Aujourd’hui, j’irai me confesser, mais comme je compte communier le jour de l’Assomption, j’y retournerai dans quelques jours. J’ai préféré y aller deux fois pour que la seconde fois, je n’aie à m’occuper que d’avoir la contrition. Je veux très bien me préparer à ma communion et pour cela je m’imagine que mon âme est un jardin, que les qualités sont des feuilles et les vertus des fleurs, que les sacrements, la messe, les prières et les bonnes œuvres sont les treillages, les tuteurs ; que la terre, ce sont les mérites de N.-S. Jésus-Christ et que l’eau qui arrose les plantes, c’est la grâce ; les loches, la mauvaise herbe, toutes les choses nuisibles, ce sont les défauts ; que les instruments aratoires sont les prières que les saints et les anges font pour nous et qu’enfin le grand jardinier du jardin, est N.-S. Jésus-Christ. Il y a à ce jardin une grande porte qui est la volonté ; il faut fermer cette grande porte au monde pour ne pas que les défauts et les vices y entrent.