Page:Journal de l’agriculture, juin 1766, T5, P3.djvu/37

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Septieme observation


Nous n’avons point parlé de la masse d’argent monnoyé qui circule dans le commerce de chaque Nation ; & que le vulgaire regarde comme la vraie richesse des États, parce que avec de l’argent on peut acheter, dit-on, tout ce dont on a besoin : mais on ne se demande pas avec quoi on peut se procurer de l’argent ; cependant cette richesse ne se donne pas pour rien, elle coute autant qu’elle vaut à celui qui l’achete. C’est le commerce qui l’apporte aux Nations qui n’ont pas de mines d’or ou d’argent : mais ces Nations mêmes n’auroient ni or ni argent, si elles n’avoient pas de quoi les payer & elles en auront toujours autant qu’elles voudront en acheter, ou qu’il leur conviendra d’en acheter, si elles ont des productions à donner en échange.

Je dis autant qu’il leur conviendra d’en acheter ; car l’argent n’est pas la richesse dont les hommes ont besoin pour leur jouissance. Ce sont