Page:Journal des économistes, 1843, T7.djvu/9

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



JOURNAL
DES
ÉCONOMISTES.



INTRODUCTION À LA TROISIÈME ANNÉE.



COUP D’ŒIL RÉTROSPECTIF.


Le Journal des Économistes vient d’accomplir sa deuxième année. Le rang qu’à son début il espérait prendre dans la presse périodique sérieuse lui est désormais assigné. Il a tenu les promesses de l’introduction adressée à ses lecteurs dans le premier cahier. Il s’est mêlé à toutes les discussions qui ont agité le pays et les Chambres. Il a le droit de réclamer sa part d’influence dans la solution des grandes questions économiques. Sa récompense est dans l’autorité qu’il a acquise.

Depuis un siècle la France recherche avec ardeur l’amélioration du sort du plus grand nombre, but de la science des économistes. Deux révolutions radicales ont préparé les voies, et les plus grands événements politiques, la guerre, la conquête, l’envahissement du territoire, le retour des gouvernants vers les anciennes traditions administratives, n’ont pas été assez puissants pour détourner la nation de sa marche.

Après chacune des grandes luttes que la France a soutenues, de remarquables travaux ont surgi, qui sont venus attester que les esprits sérieux n’avaient pas perdu de vue la tâche qu’il s’agissait d’accomplir, et l’énergie de l’expression se ressentit alors de l’entraînement général.

La régénération de la société française avait été préparée par les économistes. Ils avaient tant de fois, et sous le régime du bon plaisir, si hautement répété que la liberté est l’âme du travail utile, que tout le monde enfin les avait compris. Tous à l’envi cherchèrent à s’assurer cette liberté. L’édifice des anciens règlements s’écroula. Des bases furent posées; la liberté du travail fut proclamée, et, comme conséquence inévitable, le travail fut honoré. L’Empire s’établit : il n’avait