Page:Journal des économistes, 1844, T8.djvu/104

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Sacra fait la critique d’une entreprise naissante, sans vouloir préjuger en rien de la destinée future de la fabrique d’Avilés, au sujet de laquelle nous sommes d’ailleurs parfaitement incompétent.

Cette critique fait naître en nous une réflexion. Les économistes de l’Espagne, où tout est à faire, doivent, selon nous, tant qu’il en est encore temps, déterminer quelles sont celles des industries agricoles et extractives qui conviennent à leur pays, quelles sont aussi les branches des manufactures qui peuvent être naturellement implantées au delà des Pyrénées, de manière à donner des profits aux travailleurs, sans imposer des charges aux consommateurs ; ils doivent enfin formuler la voie dans laquelle doit entrer la politique industrielle de leur pays, afin que, sous l’influence de la division du travail, la Péninsule ne paye pas de tribut aux industries factices en sacrifiant aux niaiseries sacramentelles du système mercantile, de la balance du commerce, du travail national. Qu’ils se souviennent qu’une fois lancé dans ces dédales trompeurs, un pays ne peut reprendre le chemin naturel qu’avec des efforts héroïques dont peu d’hommes et peu d’époques sont capables.

Mais nous raisonnons comme si l’Espagne jouissait de l’élément d’abord indispensable au travail, la paix ; et pourtant le volcan couvre encore de ses laves ardentes la terre stérile, consumant sur son passage les capitaux de cette antique reine des mers, anéantissant les hommes elles intelligences, qui sont encore des capitaux. Que Dieu protège l’Espagne !

Jph G.

P. S. Nous venons de recevoir les numéros des mois de février et de mars. Ils contiennent des notes statistiques sur la criminalité en Espagne, sur la folie en France et en Angleterre, sur la population de Cuba, sur l’instruction et la criminalité en Angleterre, sur un édit d’octobre 1843, (|ui autorise l’organisation des Sœurs de charité au Mexique. Nous avons surtout remarqué un article dans lequel les chemins de fer sont présentés par l’auteur comme nuisibles aux classes pauvres. Selon lui, ces nouvelles voies de communication donnent aux riches le moyen de centupler leurs mouvements et d’utiliser tout leur temps ; mais ils privent les pauvres de tous les moyens d’action, et organisent l’esclavage au sein de la liberté. Il nous a semblé que l’auteur forçait un peu son dire pour faire écarter le système des compagnies.

La Revista rend compte dans le numéro de mars des Principes d’économie politique que vient de publier à Madrid M. Andrès Borrego, 1 vol. in-8o. L’auteur de ce livre s’étend sur la réforme des douanes, la situation de l’industrie en Catalogne. Le même numéro annonce sous le titre : Maximas mercantiles, un exposé des devoirs réciproques de tous ceux qui font le commerce.




CHRONIQUE.


Une question grave a été portée, avant les fêtes de Pâques, devant le Parlement anglais. Il s’agissait du travail des femmes dans les manufactures, et lord Astley a vivement intercédé devant la Chambre pour que le temps effectif de leur travail soit, comme celui du travail des enfants, réduit à dix heures. On ne saurait se faire une idée de toutes les questions qu’a soulevées dans le sein du Parlement cette demande qui semble si simple. Les manufacturiers ont tenté de démontrer que cette seule réduction allait jeter la perturbation dans leur système de travail, et rendre leur position sur les marchés étrangers plus difficile qu’elle ne l’est aujourd’hui. On aurait tort de croire à la lettre une telle affirmation. Ce qui est vrai, c’est que l’économie du temps et du travail a été tellement