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JEUDI 7 DÉCEMBRE 1820.

JOURNAL DES DÉBATS

On s’abonne rue des
Prêtres Saint-Germain.
Auxerrois, no 17.

POLITIQUES ET LITTÉRAIRES.

Prix : 18 fr. pour trois mois,
36 fr. pour six mois,
et 72 fr. pour l'année.

TURQUIE
Constantinople, 25 octobre.

M. le marquis de Rivière, ambassadeur de France a fait la semaine dernière des visites solennelles de congé au grand-visir, et à tous les ministres et a présenté M. le vicomte de Viella en qualité de chargé d’affaires provisoire de France. M. le marquis de Rivière, que la Porte a traité avec la même distinction que sir Robert Liston, doit s’embarquer demain sur une gabare française pour retourner en France.

La Porte n’a reçu, depuis quelque temps, aucune nouvelle positive des progrès de l’armée envoyée pour soumettre Ali-Pacha de Janina, on sait seulement qu’ils s’est renfermé dans le château de cette place ; qu’il détruit tout ce qui l’entoure, et qu’il cherche à causer le plus de dommages qu’il peut aux assiégeans. D’après des bruits qui n’ont d’autre fondement que les rapports de quelques déserteurs qui ont trouvé moyen de sortir de la forteresse, Ali, abandonné de ses partisans les plus affidés, a partagé, entre les troupes qui lui restent, tous ses trésors, son nombreux sérail et toutes ses esclaves.

Il a éclaté ici, il y a quelques jours, dans le quartier des Juifs, un violent incendie, qui, en peu d’heures, a consumé mille baraques qui servoient de logement à la plus basse et la plus indigente classe du peuple. Ces malheureux sont maintenant sans asile, et errent dans la capitale presque nus.

La contagion continue de diminuer ; la plus grande partie des hôpitaux sont vides ; cependant elle s’est manifestée récemment dans un village situé sur le Bosphore. Les nouvelles qu’on a reçues, à cet égard, des places maritimes du Levant, et même des États barbaresques, sont très tranquilisantes.

ITALIE.
Naples, 20 novembre.

Le journal Constitutionnel des Deux-Siciles rend aujourd’hui un compte succinct des-dernières séances du Parlement elles n’offrent rien d’important.

Dans celle du 14. M. Galanti, savant distingué mais politique peu habile propose de changer le nom du royaume des Deux-Siciles en celui de royaume d’Italie, ou bien si cette dénomination pouvoit offenser les puissances étrangères royaume à" Italie méridionale en munie temps il voudroit rétablir les anciens noms de provinces tels que Samnïum Campania etc. etc.

M. Natale démontre que cette proposition est peu opportune, surtout dans un moment où l’on a tant de grands intérêts à considérer.

La motion est imprimée par ordre de l’assemblée.

Suit une discussion sur les domaines dont le journal promet de rendre compte après qu’elle aura été terminée dans la séance du 21.

Le projet de loi sur les avancemens militaires est discuté et adopté dans la séance du 16. Le journal promet de l’imprimer.

Dans la séance du 17, M. Lapiane propose un projet de décret pour défendre aux intendans de province d’imposer aucune contribution sous quelque prétexte que ce soit.

Le colonel Pépé approuve cette proposition et demande que la circulaire ministérielle du 30 septembre soit révoquée.

M. Dragonetti, au nom de la députation provinciale (conseil départemental) de l’Abruzze ultérieure se plaint de ce qu’une autre circulaire ministérielle attribue exclusivement aux conseils d’intendance (conseils de préfecture) le droit de revoir les comptes matériels de l’administration provinciale. Il prouve que cette circulaire est contraire à la constitution. Il se plaint de ce que la responsabilité des ministres est encore un vain nom, faute d’une loi qui spécifie leurs attributions et celles des autorités locales.


FEUILLETON DU JOURNAL DES DÉBATS.
THÉÂTRE FRANÇAIS.

L’Amour et le Procès, Tartufe.

THÉÂTRE DE l’OPÉRA-COMIQUE.

Jeannot et Colin, l’ouverture du Jeune Henri, Picaros et Diego.

THÉÂTRE ROYAL ITALIEN.

Il Barbiere di Siviglia.

SECOND THÉÂTRE FRANÇAIS.

Mêrope les Plaideurs..

Théatre du vaudeville.

Le Jaloux malade l’Homme noir l’Jfermite.

THÉÂTRE DES VARIÉTÉS.

Jfqmmadin Douvres et Calais la Râpée le Diable d’argent.

THÉÂTRE DE LA GAIETE.

La ire de M. Graine de Lin Manon Lescaut Fanfanla Talupe. A5lBIGUrCO5IIQnB, Thérèse, la Maison de Pantin.

CIRQUE OLYMPIQUE.

Exercices d’équitation, la Chaumière, Robert-le-Diable, le Soldat.

THÉÂTRE DE LA PORTE SAINT-MARTIN.

Le Maréchal et le Soldat, les Danaïdes, Quinquina, le Compilateur.


Cette chronique sera exclusivement consacrée à la musique. Les opéras anciens et nouveaux y seront (uniquement sous le rapport musical) examinés, analysés avec soin, et d’après les principes de la bonne école.

Je ne me bornerai pas aux compositions théâtrales, je parlerai aussi des messes, des motets, des oratorios, des symphonies publiées ou exécutées dans les églises et les concerts. La musique de chambre fixera mon attention, et je m’empresserai de signaler une bonne romance quand elle nous paroîtra au milieu du déluge de rapsodies dont les petits faiseurs nous inondent.

Je ferai connoîtra les nouvelles découvertes et les perfectionnemens apportés dans l’enseignement de l’art et la facture des instrumens, ainsi que les succès obtenus sur les théâtres des départemens, toutes les fois qu’ils donneront des preuves de leur existence, en représentant quelque nouveauté théâtrale non encore jouée dans Paris.

L’art s’agrandit dans les parties dont presque toutes présentent un égal intérêt. Les amateurs de musique deviennent plus nombreux, plus éclairés. On commence à secouer le joug de la routine, et à sentir les véritables beautés. Les brillant succès, le triomphe éclatant de Don Juan en est une preuve irrécusable.

J’ai pensé que les lecteurs aimeroient à trouver dans ce Journal des détails sur un art plein de charme, et dont les feuilles périodiques ont, jusqu’à ce jour, parlé d’une manière trop vague ou trop fugitive.

Honneur à la Mode ! Je commence par Rossini

Un petit nombre d’amateurs s’étoient rendus à la seconde représentation de Torvaldo e Dorliska, quelques uns pour entendre de nouveau cet opéra de Rossini, d’autres pour assister à ses obsèques. En effet, je ne pense pas que cette composition reparoisse une troisième fois, quoiqu’elle ne soit point indigne de son auteur. Si l’on admire le Barbier de Séville, on ne doit pas mépriser Torvaldo, car la plupart des mélodies et des effets d’orchestres sont les mêmes dans les deux opéras. Une introduction brillante et pleine de verve, un beau trio, un duo remarquable par la diversité des images qu’il présente tour à tour, un morceau d’ensemble bien dessiné auroient suffi pour assurer le succès de Torvaldo, si ces morceaux de musiques avoient été liés à une action intéressante ;