Page:Kant - Anthropologie.djvu/33

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tions que dans le temps, par conséquent à l'état labile, état où la contemplation manque de la durée cependant nécessaire à l'expérience[1].
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  1. Quand nous nous représentons deux actes accompagnés de conscience, d'une part la réflexion ou l'action intérieure (la spontanéité), qui rend une notion (une pensée) possible ; d'autre part, l'appréhension ou la capacité (réceptivité) d'avoir une perception, c'est-à-dire une intuition empirique ; alors la conscience de soi-même {apperceptio) peut être divisée en conscience de la réflexion, et en conscience de l'appréhension : la première est une conscience de l'entendement, la denxièofte', le sens intime. Celle-là est la perception pure, celle-ci est la perception empirique; la première est donc appelée faussement sens intime. — En psychologie nous nous examinons par rapport à nos représentations du sens intime ; mais en logique nous ne recherchons en nous que ce qui nous est offert par la conscience intellectuelle. — Ici donc le moi semble être double (ce qui serait contradictoire) : 4° le moi comme sujet de la pensée (en logique), et qui est l'objet de la perception pure (le moi purement réflexif), et dont on ne peut rien dire de plus, mais qui est une représentation tout à fait simple ; 2· le moi comme objet de la perception, par conséquent comme objet du sens intime, contenant une multiplicité de déterminations qui rendent possible une expérience interne.
    La question de savoir si dans les différents changements internes de l'âme (de son souvenir ou des principes admis par elle), l'homme, ayant conscience de ses changements, peut encore dire qu'il est le même (quant à l'âme), est une question absurde ; car il ne peut avoir conscience de ces changements qu'à la condition de se concevoir comme un seul et même sujet dans les différents états ; le moi de l'homme est double, quant à la forme (du mode de représentation), mais non quant à la matière (au contenu de la représentation).