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INTRODUCTION


des objets du libre arbitre, s’exerçant d’après ses lois, dont il se doit faire un but. Les premières forment une sorte de téléologie[1] technique (subjective), que l’on peut appeler proprement pragmatique, et qui contient les règles prescrites par la prudence dans le choix des fins ; les seconds composent la téléologie morale (ob­jective). Mais cette distinction est ici superflue, car la morale se distingue déjà clairement par son concept de la physique (ici de l’anthropologie), en ce que, tandis que celle-ci repose sur des principes empiriques, la téléologie morale au contraire, qui traite des de­voirs, repose sur des principes fournis à priori par la raison pure pratique.


IV.


quelles sont les fins qui sont aussi des devoirs.


Ce sont : la perfection de soi-même[2], — et le bonheur d’autrui[3].

On ne peut intervertir ici le rapport des termes, c’est-à-dire considérer comme des fins, qui seraient en soi des devoirs pour la même personne, le bonheur personnel d’une part, et de l’autre la perfection d’au­trui.

En effet, quoique le bonheur personnel soit une fin que poursuivent tous les hommes (en vertu du penchant de leur nature), on ne peut sans contradiction consi­dérer cette fin comme un devoir. Ce que chacun veut

  1. Zwecklehre.
  2. Eigene Vollkommenheit.
  3. Fremde Glückseligkeit.