Page:Kant - Prolégomènes à toute métaphysique future, trad. Tissot, 1865.djvu/427

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DEPUIS LEIBNIZ ET WOLF.


chose existe, il existe aussi quelque chose d’inconditionné ; 2° ce qui existe d’une manière inconditionnée, existe comme être absolument nécessaire. Ce dernier point n’est pas une conséquence nécessaire, car l’inconditionné peut être nécessaire pour une série, mais lui-même et la série peuvent toujours être contingents. Ceci n’est pas un prédicat des choses (à savoir si elles sont conditionnées ou si elles ne le sont pas) ; il regarde l’existence des choses avec tous leurs prédicats, à savoir si elle est nécessaire en soi ou si elle ne l’est pas. C’est donc un simple rapport de l’objet à notre notion.

Toute proposition concernant l’existence est synthétique, par conséquent aussi la proposition ; Dieu existe. Pour qu’elle fût analytique, il faudrait que l’existence pût être tirée de la simple notion d’un tel être possible. Or on l’a tenté de deux manières : 1° Dans la notion de l’être souverainement réel se trouve comprise son existence, car l’existence est une réalité. 2° La notion d’un être nécessairement existant comprend celle de réalité suprême, comme unique manière dont l’absolue nécessité d’une chose (nécessité qui doit être admise si quelque chose existe) peut être conçue. Si donc un être nécessaire devait renfermer déjà dans sa notion la suprême réalité, mais que cette réalité (comme le dit le n° 1) n 3 dût pas renfermer la notion d’une nécessité absolue, les notions ne seraient pas réciproques ; la notion du realissimi serait un conceptus latior par rapport à la notion du necessarii, c’est-à-dire que d’autres choses