Page:Kant - Prolégomènes à toute métaphysique future, trad. Tissot, 1865.djvu/441

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EN GÉNÉRAL.


des représentations considérées comme faisant partie d’une connaissance rapportée simplement à l’objet, et à l’unité de conscience, comme aussi entre le rapport objectif de ces représentations (lorsque, considérées en même temps comme causes de la réalisation de l’objet, elles sont comptées parmi les facultés appétitives) et leur rapport purement subjectif (lorsqu’elles sont pour elles-mêmes de simples raisons d’y maintenir leur propre existence), et des représentations considérées par rapport au sentiment du plaisir, sentiment qui n’est pas du tout une connaissance et n’en produit aucune, quoiqu’il puisse du reste présupposer un principe de détermination.

La liaison entre la connaissance d’un objet et le sentiment de plaisir et de peine dépendant de son existence, ou la détermination de l’appétit à le produire, est sans doute assez connaissable empiriquement ; mais comme cette connexion n’est fondée sur aucun principe a priori, les facultés de l’âme ne forment sous ce rapport qu’un agrégat et pas de système. On parvient bien à établir a priori une liaison entre le sentiment de plaisir et les deux autres facultés, en rattachant une connaissance a priori, c’est-à-dire la notion rationnelle de liberté, à l’appétit comme à son principe de détermination, afin de trouver subjectivement aussi, dans cette détermination objective, un sentiment de plaisir contenu dans la détermination de la volonté. Mais la faculté de connaître n’est point liée de cette manière, à l’aide du plaisir ou de la peine, à la faculté appétitive. En