Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T1.djvu/143

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es war nicht so arg, comme disent les Allemands[1]. Il est également fort possible que, si le cours des événements eût suivi sa marche naturelle, c’est-à-dire si la grand’mère avait tout doucement et prudemment dirigé Aurore selon ses idées, pendant que Sophie, — qui au fond se souciait assez peu de Caroline laissée en pension, mais préférait passer son temps à Paris et non à la campagne, — se serait peu à peu éloignée d’Aurore, il est probable, disons-nous, que, sans lutte, la grand’mère aurait su remplir son programme d’éducation, et Aurore n’aurait pas prématurément deviné l’antagonisme qui subsistait entre ses deux mères. Mais, comme cela se voit d’ailleurs presque toujours en pareil cas, des personnes étrangères vinrent s’immiscer dans ces débats, et les deux rivales elles-mêmes commirent mutuellement beaucoup de fautes.

Ursule fut la première à attirer l’attention d’Aurore sur sa position quelque peu exceptionnelle. Comme tous les enfants, elle répétait ce qu’elle entendait dire aux grandes personnes et redisait sur tous les tons, à Aurore, qu’elle était bien heureuse de passer son « âge d’or » chez sa grand’mère, dans le richement, et que le richement, c’est ce qu’il y a de meilleur au monde. Julie et Rose, demi femmes de chambre, demi confidentes de

    dans la Correspondance la lettre porte la date de 1812, il est hors de doute que c’est la lettre en question, retrouvée probablement par Maurice Sand après la mort de sa mère, car à la page 428, George Sand écrit qu’elle avait ajouté en tête de la lettre : « Place la réponse derrière ce même portrait du vieux Dupin, je la trouverai demain quand tu seras partie », et qu’elle avait glissé dans le bonnet de sa mère un billet avec ces mots : « secoue le portrait ». Tout cela est une espèce d’amplification et d’exagération, introduite dans le récit d’événements bien plus simples et nullement compliqués, mais il est certain que la lettre dont il est question dans l’Histoire et la lettre n° 1 ne sont qu’un seule et même épitre.

  1. Ce n’était pas si grave que ça.