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CHAPITRE VII

(1832-1833)


Malheurs sociaux et intimes. — Rupture avec Sandeau. — Prosper Mérimée. — La Double Méprise et Marianna. — François Rollinat. — Lélia. — Gustave Planche. — De Latouche et Sainte-Beuve. — Lavinia, Obermann, Cora, Garnier.


À L’époque où les unes après les autres ces œuvres hardies et brillantes paraissaient à l’horizon littéraire, la vie personnelle de George Sand avait complètement changé et ne ressemblait nullement aux premiers mois de son séjour à Paris, ce temps de joie et d’ivresse. Déjà l’année 1831 avait fini assez mal pour George Sand. Elle avait été très malade ; elle écrit à Boucoiran, le 13 novembre[1], qu’elle avait eu quelque chose comme une « congestion cérébrale, en d’autres termes une attaque d’apoplexie » ce qui avait amené deux saignées. Elle fut soignée par un jeune Sancerrois, Émile Régnault[2], alors carabin et grand ami de Sandeau. Il la soignait avec abnégation et dévouement, passant auprès de la malade des nuits entières sans

  1. Inédite.
  2. George Sand parle de lui dans le vol. IV, p. 400, de l’Histoire de ma Vie, à propos de son procès : « Je vis arriver aussi, le jour des débats, Émile Régnault, un Sancerrois que j’avais aimé comme un frère et qui avait épousé contre moi je ne sais plus quelle mauvaise querelle. Il vint me faire amende honorable de torts que j’avais oubliés ». Le motif de cette « querelle » avait été sa rupture avec Jules Sandeau. La correspondance de George Sand avec Régnault est conservée par des proches de celui-ci. Nous en donnerons plus bas quelques fragments.