Page:Karenin - George Sand sa vie et ses oeuvres T2.djvu/346

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doit mettre en harmonie la vie humaine et la nature (cette harmonie a toujours été pour George Sand le sublime idéal du bonheur terrestre). C’est pour cela que tout en lisant, avec Liszt et son amie, les œuvres du philosophe à la mode, Barchou de Penhoën, et en se laissant entraîner par la philosophie de Hegel, elle trouve ensuite encore plus d’intérêt aux questions et aux problèmes sociaux. Il est à supposer que Liszt, Arabella et le major d’une part, George Sand de l’autre, ont eu entre eux de vives disputes politico-sociales, car un des chapitres représente, — sous la forme de l’apparition fantastique et comique d’une boîte à marionnettes, — l’arrivée de la « liberté et de l’égalité démocratique générales », le règne de la classe moyenne, des intérêts et des idées mesquines, où il n’y aura plus ni génie, ni art, ni vraie science. « George cependant est quelque peu surpris du résultat final et logique de son œuvre et, après avoir attendu vainement les merveilleux effets de l’égalité sur le développement intellectuel et moral de l’homme, il finit par trouver le genre humain… ennuyeux… »

Conformément à ces récits fantastiques et allégoriques, les illustrations du livre ne sont pas moins curieuses. Nous voyons déjà sur la couverture, George Sand, un cigare à la bouche ; puis vient une caricature : le major couché dans son lit, est oppressé par un cauchemar sous forme de livres que George Sand, à cheval sur un chat, prend sur les rayons d’une bibliothèque, où ils sont bien rangés — symbole des idées bien rangées du major — et qu’elle jette sur lui. Le troisième dessin, fac-similé d’une caricature que George Sand avait faite elle-même, à propos des occupations philosophiques du major, de Liszt et de la comtesse, porte en tête l’inscription : « L’absolu est iden-