Page:Kempis - De l’Imitation de Jésus-Christ, traduction Brignon, Bruyset, 1718.djvu/324

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je pense qu’autrefois les Patriarches, les Prophétes, les Rois & les Princes avec tout le peuple, faisoient paroître tant d’ardeur pour vous honorer selon l’ordre & les ceremonies de leur Loi ?

David, ce Prince si religieux, n’eût pas honte de danser publiquement devant l’Arche[1], en reconnoissance des faveurs insignes, que Dieu avoit faites anciennement à ses Peres.

C’est dans cette même vûë qu’il fit faire divers instrumens de musique, & qu’il composa des Pseaumes que tous chantoient avec beaucoup de solemnité, & avec de grandes démonstrations d’allegresse. Lui même inspiré d’en-haut les chantoit souvent sur sa harpe, instruisant ainsi le peuple à louer, à benir, à glorifier tous les jours unaniment leur Seigneur.

Si tout cela se faisoit avec tant de pieté ; si devant l’Arche d’alliance tout retentissoit des louanges de Dieu, quel respect ne dois-je pas avoir, quelle devotion ne doivent pas témoigner tous les Fidéles devant cet auguste Sacrement, ou l’on mange la Chair adorable de Jesus-Christ ?

Plusieurs vont en pelerinage en divers endroits, pour honorer les Reliques de quelque Saint ; ils sont charmez de ce qu’on leur dit des

  1. 2. Regem. 6. 14.