Page:Kempis - De l’Imitation de Jésus-Christ, traduction Brignon, Bruyset, 1718.djvu/66

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mille soins superflus, qui ne font qu’inquietter l’esprit.

Si l’on ne pensoit qu’aux choses de Dieu & de son salut, & qu’on mît toute son esperance en Dieu seul.

Nul n’est digne des consolations celestes, s’il n’a passé par les exercices les plus rudes de la penitence.

Voulez-vous être penetré jusqu’au fond de l’ame du regret de vos offenses ? Recuëillez-vous en vous même, & loin du tumulte des creatures, faites ce que le Prophete vous conseille : Estant seul et en repos, entrez dans les sentimens d’une véritable componction[1].

Vous trouverez en vôtre cellule ce que vous perdrez aisément, si vous la quittez.

On se plaît dans sa cellule quand on s’accoûtume à y demeurer : mais on s’en dégoûte, quand on en sort trop souvent.

Si dès le commencement vous pouvez vous determiner à garder la vôtre, elle vous deviendra agréable, & vous y vivrez content.

Une ame devote profite beaucoup dans le silence & dans la retraite, & c’est-là que le Saint-Esprit luy découvre les veritez qu’il a renfermées dans les Ecritures.

C’est là qu’elle pleure toutes les nuits, & qu’elle se fait un bain de ses larmes. C’est là qu’elle se tient éloi-

  1. Ps 4. 5.