Page:Kerigant - Les Chouans - Épisodes des guerres de l’Ouest dans les Côtes-du-Nord, 1882.djvu/102

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LES CHOUANS.

Aussitôt que ma mère fut instruite de l’arrivée de sa sœur à la Tour-le-Bât, elle se rendit à Rennes avec deux hommes sûrs, Jean Le Coq, l’un des condamnés de Saint-Brieuc, et Jean Langourla, neveu de la fidèle compagne de Mme Le Gris.

Mme de Kerigant et ses deux compagnons étaient allés à cheval à Rennes ; ils laissèrent leurs chevaux sous la garde de Jean Le Coq, sur la rive gauche de la Vilaine, en lui recommandant de porter une lettre à M. de La Prévalais, par laquelle on l’instruisait d’un projet d’évasion, sans savoir comment ni à la suite de quel incident elle pourrait être effectuée, le priant de laisser un certain nombre d’hommes aux abords de la ferme où étaient les chevaux.

À peine réunies, les deux jeunes femmes s’occupèrent sans relâche de trouver le moyen de sortir de prison.

Ma mère était descendue chez un des frères de son aïeule, M. Sevoy, qui s’était vu forcé de quitter son domicile de Lamballe, par suite des violences révolutionnaires, et de se fixer à Rennes[1].

    chambre où avait eu lieu la conférence une lettre écrite par Georges Cadoudal, sans adresse ni signature, dans laquelle il appréciait les différents chefs des Côtes-du-Nord. Il plaçait Mme Le Gris au-dessus de tous. Ma mère brûla cette lettre.

  1. M. Sevoy avait été enfermé avec les suspects de Lamballe. À sa sortie de prison, M. Duval Le Gris[sic] résolut de délivrer son