Page:Kerigant - Les Chouans - Épisodes des guerres de l’Ouest dans les Côtes-du-Nord, 1882.djvu/101

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volutionnaire briochin ? On ne l’a jamais su positivement ; cependant ma famille a toujours pensé que le Comité, après avoir reçu les dix-huit mille francs, redoutant de voir son infamie découverte, voulut effrayer les prisonniers, et surtout les éloigner au plus tôt de Saint-Brieuc.

Divers bruits furent répandus, afin de dépister l’opinion : ils s’étaient évadés, disaient les uns ; ils avaient été appelés à Rennes, prétendaient les autres.

Mme Le Gris arriva donc à Paris. Son dossier éveilla non-seulement la curiosité des hommes du gouvernement, alors un peu moins féroces que leurs devanciers, mais aussi celle des femmes célèbres de cette époque, entre autres, de Mme Tallien et de Beauharnais (Joséphine Tascher de La Pagerie). Ces Dames allèrent la voir et s’intéressèrent vivement à son sort. Elles la visitèrent souvent, prenant même parfois le thé avec elle. De ces rapports naquit une bienveillance dont les effets ne tardèrent pas à se faire sentir. Ce fut grâce à leur bonne intervention, en effet, et non, comme l’a écrit M. Théodore Muret, en simulant la folie, que Mme Le Gris fut ramenée à Rennes et incarcérée à la Tour-le-Bât[1].

  1. Mme Le Gris était vraiment une femme d’un esprit supérieur, plus d’un homme distingué se plut à le reconnaître. À la suite de l’épisode de Kerigant, raconté plus haut, ma mère trouva dans la