Page:Kerigant - Les Chouans - Épisodes des guerres de l’Ouest dans les Côtes-du-Nord, 1882.djvu/51

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ciation, contre laquelle on ne saurait protester avec trop d’énergie[1]. Il était facile de contrôler les faits et de s’assurer de la vérité ; mais il fallait détourner l’attention des monstruosités révolutionnaires, essayer au moins de les justifier en les faisant accepter comme des représailles nécessaires ; et le plus sûr moyen, sinon le moins ignoble, était de mentir et de calomnier ses adversaires.

La colonne mobile dont nous venons de parler, après avoir bu à la foire et porté l’effroi parmi les villageois qui s’y trouvaient, se rendit au château de Boscenit.

Bien que les invités fussent surpris par leur brusque arrivée, presque toutes les femmes purent fuir et se soustraire aux fureurs de ces bandits.

Les hommes engagèrent avec les envahisseurs une lutte désespérée. M. de Pontbellanger fut blessé et laissé pour mort ; Charles du Couëdic du Cosquer, ayant tué de sa main deux des égorgeurs, tomba criblé de balles et de coups de baïonnettes ; il fut dépecé par ces cannibales et ses membres jetés dans un brasier allumé par eux au milieu de la cour pour brûler ce qu’ils ne pouvaient emporter. Une femme enceinte fut éventrée, ayant voulu résister, elle fut précipitée dans le feu. M. de Lorgeril, à

  1. Pièces justificatives, annexe II.