Page:Kerigant - Les Chouans - Épisodes des guerres de l’Ouest dans les Côtes-du-Nord, 1882.djvu/79

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du conseil et les prisonniers. Ces derniers finirent par arracher le jugement au capitaine-rapporteur.

Vainement les misérables, impatients de commettre un crime de plus, se hâtèrent et invoquèrent le secours de la garde ; ils éprouvèrent, à l’honneur de l’armée, le refus le plus péremptoire. Force leur fut donc d’inscrire non-seulement l’appel, mais encore de donner aux prisonniers un reçu de leur déclaration que voulurent bien signer les deux braves officiers commandant la garde, et dont nous regrettons de ne pas connaître les noms. Il y avait en ce moment dans la prison de Saint-Brieuc un grand nombre de détenus politiques connus de ma famille et dont je parlerai plus loin.

Quant à l’infâme instigateur de tous ces événements, le Prussien Méraiss, il fut, comme je l’ai dit, mis au secret.

Pendant l’instruction, cet homme, confronté avec les prisonniers, les avait parfaitement reconnus et désignés par leurs noms. Cependant, à la suite de quelques observations des détenus, on avait ordonné une enquête à Kerigant, et les captifs ayant pu y faire parvenir un avis, il s’y produisit un fait trop à l’honneur des habitants et de ma famille pour que je ne le mentionne pas ici. Méraiss, dans ses dénonciations, avait donné les détails les plus précis sur