Page:Kerigant - Les Chouans - Épisodes des guerres de l’Ouest dans les Côtes-du-Nord, 1882.djvu/95

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on fit partir immédiatement le prisonnier pendant la nuit, sous une forte escorte. « Ce malheureux, dit M. Habasque, était chargé de soixante ou quatre-vingts livres de fer, et, en outre, attaché à la selle d’un cheval de gendarme. »

M. Habasque se trompe : ce ne fut pas à la selle d’un gendarme qu’on attacha le vaillant chef royaliste, mais à la queue d’un cheval de gendarme ; des centaines de témoins l’ont vu !

Aussitôt après son arrivée à Saint-Brieuc, un conseil de guerre se réunit et le condamna à être guillotiné, sans se préoccuper du commandant L’Honoré, qu’on savait être entre les mains des Chouans. L’infortuné Duviquet fut exécuté à deux heures de l’après-midi, le lendemain de son arrestation. Il marcha au supplice d’un pas assuré, sans bravade, en homme depuis longtemps familiarisé avec la mort. Lorsqu’il fut monté sur l’échafaud, il cria d’une voix forte : « Vive mon Dieu ! Vive mon Roi ! » C’était bien mourir pour les deux idées qui sont la base de l’ordre social : la Religion et l’Autorité !

Si les républicains mirent une fiévreuse activité à immoler le brave et honorable Duviquet, les Chouans n’en mirent pas moins à le secourir et à le venger.

À peine Carfort, campé aux environs de Moncontour, eut-il appris l’arrestation de Duviquet, et il la