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prunte à un estimable recueil gallois, l’Archeologia Cambrensis (janvier 1851).

On lira dans les poèmes de Liwarc’h-Henn qu’un de ses fils, appelé Gwenn, fut tué par les Anglo-Saxons en faisant le guet au bord du Morlaz, qu’il l’enterra lui-même non loin de la rivière, sous un poirier, et que, pendant la cérémonie funèbre, sur la plus haute branche de l’arbre, un oiseau chantait dont la voix joyeuse lui brisa le cœur.

J’avais remarqué dans les environs d’Oswestry, à peu de distance du Morlaz, un tumulus appelé Gorsedd-Gwenn, c’est-à-dire le Tertre de Gwenn, et j’aurais voulu le voir fouiller, espérant qu’il contiendrait les restes du fils de Liwarc’h-Henn.

Ce désir devait être réalisé ; quelques-uns de mes savants confrères de la Société cambrienne ont fouillé le tumulus, et ils y ont trouvé le squelette d’un homme de six pieds. « Le nom de Gwenn, remarque la Quaterly-Review à propos de ce fait intéressant, répond bien à celui du fils de Liwarc’h-Henn ; la position géographique du tombeau est justement celle qu’on peut désirer, et la taille du squelette s’accorde avec la description que fait le barde de la stature de son fils. Jamais peut-être aucun poète jusqu’ici n’avait reçu des événements une confirmation plus éclatante de sa véracité. Hé bien ! poursuit le critique anglais, avec un grand bonheur de rapprochement, nous ne savons si ce témoignage sorti de la tombe est plus remarquable que la vie extraordinaire qui respire dans les poèmes du vieux barde et de ses frères en poésie. Après