Page:Kipling - Au hasard de la vie, trad. Varlet, 1928.djvu/14

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— Tous ceux qui liront le livre le sauront. Je ne puis t’en promettre plus.

— Voilà qui est bien parler. Appelle à haute voix tous ceux qui sont dans le monastère, je veux leur dire cette chose.

Ils se rassemblèrent, fakirs, sadhus, sunnyasis, byragis, nihangs et mullahs, prêtres de toutes les religions et à tous les degrés du déguenillement, et Gobind, appuyé sur sa béquille, leur parla, si bien qu’ils étaient tous visiblement remplis d’envie, et un ancien à barbe blanche engagea Gobind à penser à ses fins dernières plutôt qu’à sa réputation éphémère dans les bouches d’étrangers. Puis Gobind me donna sa bénédiction et je m’en allai.


Ces histoires ont été recueillies en tous lieux, et je les tiens de toutes sortes de gens, des prêtres de la Chubara, d’Ala Yar le graveur et de Jiwun Singh le charpentier, de gens sans nom à bord des bateaux et des trains autour du monde, de femmes filant devant leurs demeures au crépuscule, d’officiers et de gentlemen à cette heure morts et enterrés ; et un petit nombre, mais celles-là sont de loin les meilleures, c’est mon père qui me les a transmises. La plus grande partie de ces histoires a été publiée dans des revues et des journaux, et j’en suis obligé à leurs directeurs ; mais quelques-unes sont neuves de ce côté-ci de l’eau, et quelques autres voient le jour pour la première fois.

Les histoires les plus remarquables sont, comme de juste, celles qui ne paraîtront pas — et ceci pour des raisons évidentes.