Page:Kipling - Du cran.djvu/112

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« Oh ! très bien, je suppose, mais je n’ai pas beaucoup écouté. » Sur quoi La Crevette, qui toujours mettait à profit l’occasion, le sermonna sur le manque d’attention ; et ce fut, cela aussi, chose perdue pour William. La question qu’il se posait était si son oncle voudrait lui permettre de rester deux jours avec Mr. Marsh après qu’on aurait levé le camp, ou si cet oncle ne se servirait pas du télégramme avec réponse payée, que Mr. Marsh lui avait envoyé, pour ses propres affaires de vernissage. Lorsque la voix de La Crevette se tut, non seulement il promit de faire mieux la prochaine fois, mais ajouta sous l’effet d’une large et inexplicable pitié née soudain en lui :

« Et je te suis reconnaissant, Crevette. Je le suis pour de vrai. »

À son retour en ville de cette visite miraculeusement révélatrice, il s’aperçut que les Pélicans le traitaient avec un nouveau respect. Au sujet de telle chose, le Morse avait parlé du bacon et œufs ; au sujet de telle autre, La Crevette, qui, lorsqu’il se laissait aller, pouvait être vraiment drôle, avait fait certaines imitations artistiques des commentaires de Mr. Marsh sur sa