Page:Kipling - Du cran.djvu/240

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des casoars et d’écureuils gris de la taille des renards. Au bout du jardin se dressait une haie de flamboyants poinsetties plus hauts que tout au monde, parce que, en sa qualité d’œil d’enfant, celui d’Adam ne pouvait atteindre à la cime des manguiers. Leur feuillage allait se perdre contre le ciel bleu, mais les poinsetties rouges, il pouvait bien les voir. Une bonne qui parlait continuellement de serpents et le tirait loin de l’ouverture d’un puits desséché des plus fascinants, et une mère qui croyait que le soleil faisait du mal aux petites têtes, étaient les seuls revers à pareil enchantement. Mais au fur et à mesure que ses jambes poussaient sous lui, il s’aperçut qu’en escaladant un énorme rempart — trois pieds de mur de torchis décrépit au fond du jardin — il pouvait pénétrer dans un royaume tout-fait où chacun était son esclave. Imam Din lui montra le chemin un soir, et les hommes de la Police Montée, en train de préparer leur souper, le reçurent avec ravissement, et lui donnèrent de fort indigeste, mais tout à fait délicieux, pain d’épices.

Là il s’assit ou se traîna à quatre pattes dans le manger des chevaux où la police était en