Page:Kipling - Du cran.djvu/243

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


maman voulait les entendre elle n’avait qu’à demander à Imam Din.

« C’est affreux, dit Mrs Strickland, presque en pleurant, de penser qu’il va grandir comme un petit mécréant. »

Mrs. Strickland, née et élevée en Angleterre, ne comprenait pas bien les choses de l’Orient.

« Laissez-le tranquille, dit Strickland. Il perdra tout cela en grandissant, ou cela ne lui reviendra qu’en rêves.

— Êtes-vous sûr ? dit sa femme.

— Tout à fait sûr. On m’a envoyé au pays à sept ans, et on m’en a débarrassé à coups de serviette mouillée à Harrow. »

Mrs. Strickland frissonna, car elle avait tâché jusque-là de ne pas penser à la séparation qui suit la maternité dans l’Inde, et y rend la vie, malgré tout ce qu’on écrit de contraire, pas tout à fait la chose la plus enviable du monde. Adam s’éloigna en trottant pour entendre encore parler de miracles, et sa bonne dut l’ennuyer passé la mesure, car elle revint en pleurs, disant qu’Adam courait le danger d’être dévoré tout vivant par des chevaux sauvages.

Pour dire la vérité, il s’était débarrassé de