Page:Kipling - Du cran.djvu/40

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


essayer de tenir le Nek si vigoureusement — et tout ce temps-là ils verront notre poussière là-bas au loin, et ils croiront que vous êtes l’arrière-garde, et ils croiront que nous nous sauvons. Ils seront furieux.

— Oui — oui, mon oncle, nous comprenons, dirent une douzaine de voix âgées.

— Mais ce nigaud ne comprend pas. Faites silence ! Ils tireront sur vous, Niclaus, sur le Nek, parce qu’ils croiront que vous êtes là pour couvrir notre départ. Ils bombarderont le Nek. Ils se tromperont. Vous partirez alors au galop. Tous les rooineks vous courront après, ardents et pressés — peut-être, même, avec leurs canons. Ils passeront devant nos feux et le crottin frais. Ils viendront ici comme seront venus les scoots. Ils verront la plaine si remplie de notre poussière. Ils diront : « Les scoots ont dit vrai. C’est une pleine retraite. » Alors nous autres là-haut sur les rochers nous tirerons, et ce sera une sorte de nouveau Slormberg en plein jour ? Comprenez-vous maintenant ? »

Ceux du commando directement intéressés allumèrent de nouvelles pipes et discutèrent l’affaire en détail jusqu’à minuit.