Page:Kipling - Du cran.djvu/47

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


ballant à grands coups ralentit de vitesse, et le Capitaine se mit à penser clairement — si clairement que les pensées semblaient des choses solides. « C’est la prison de Pretoria pour nous tous. Peut-être cet homme n’est-il qu’un guetteur, après tout. Il faudra détaler ! Et c’est moi qui les ai menés là-dedans !… Imbécile ! dit son autre lui-même, au-dessus du battement du sang dans ses tympans. S’ils pouvaient vous canarder tous de là-haut ? pourquoi n’ont-ils pas déjà commencé ? Parce que vous êtes l’appât pour le reste de l’attaque. Ils n’ont pas besoin de vous pour le moment. Il faut vous en retourner pour amener les autres se faire tuer. S’en retourner ! Ne détache pas d’homme, ou cela leur sera suspect. S’en retourner tous ensemble. Dis au sergent que vous vous en allez. Il y en a là-haut qui comprendront l’anglais. Dis-le tout haut ! Puis retourne-t’en avec les nouvelles — les vraies nouvelles. »

« Le pays est tout entier libre, sergent, cria-t-il. Nous allons retourner le dire au Colonel. »

Il ajouta avec un rictus idiot :

« C’est une bonne route pour les canons, ne croyez-vous pas ? »