Page:Kipling - Du cran.djvu/48

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« Entendez-vous ? dit Jan van Staden en empoignant le bras d’un burgher. Dieu est avec nous aujourd’hui. Ils vont amener leurs petits canons derrière tout. »

« À volonté. Inutile de rendre les chevaux fourbus. Nous en aurons besoin pour la poursuite plus tard, dit le Capitaine. Hé là, regardez-moi ce vautour ! À quelle distance le croyez-vous ?

— Pourrais pas dire, sir, dans cet air sec. »

L’oiseau fondit dans la direction du second kopje à cime plate, mais soudain frissonna de l’aile de côté et s’éloigna d’un glissement, suivi par le regard intense du Capitaine.

« Et ce kopje, en outre, en est tout bonnement farci, dit-il, le sang aux joues. On ne peut plus sûrs sont-ils que nous prendrions cette route — et qu’alors ils nous auraient jusqu’au dernier ! Ils vont nous laisser passer pour aller chercher les autres. Mais il ne faut pas qu’ils sachent que nous savons. Ma parole, ils ne font pas grand cas de nous ! Je ne leur en veux pas. »

La finesse du piège ne le frappa que plus tard.

Le long de la piste cahotaient une douzaine