Page:Kipling - Du cran.djvu/54

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Vous avez été envoyé pour voir si le front était libre et rentrer sur-le-champ. Tout le camp a été sous les armes pendant trois heures, et au lieu de faire votre ouvrage vous vous en allez vagabonder tout par l’Afrique avec vos éclaireurs pour éviter une poignée de Boërs embusqués ! Vous auriez dû renvoyer un homme sur-le-champ, — vous auriez dû. — »

Le Capitaine descendit de son cheval avec roideur.

« Dans le fait, dit-il, je ne tenais pas pour sûr qu’il n’y avait plus de Boërs sur le Nek, et j’en ai fait le tour en cas que cela fût. Mais je sais, oui, que les kopjes de l’autre côté du Nek sont simplement grouillants de Boërs.

— Absurde. Nous pouvons voir tout ce qu’il y en a battre en retraite là-bas.

— Il va sans dire que oui. Cela fait partie de leur tactique, sir. Je les ai vus couchés au sommet de deux kopjes qui commandent la route, là où elle entre dans la plaine de l’autre côté. Ils nous ont laissés venir voir, et ils nous ont laissés partir pour raconter que le pays était libre et vous ramener. À présent ils vous attendent. Toute la chose n’est qu’un piège.