Page:Kipling - Du cran.djvu/73

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que de pousser une vieille jonque à la bouche dure à travers les mêmes sables tout seul, avec la certitude d’une raclée si vous en sortez vivant.

Jim riva ses yeux sur l’Américain, et s’aperçut qu’à Foultah il abandonnait son remorqueur et descendait le fleuve sous voile. Il faillit en pousser des vivats, car il savait que le nombre des pilotes qui offraient de manœuvrer un bateau à travers les « James and Mary » était strictement limité. « Si ce n’est pas Papa, c’est Dearsley », dit Jim, « et Dearsley est descendu hier avec le Bancoora, donc c’est Papa. Si j’étais rentré à la maison hier soir au lieu d’aller chez Pedro, je l’aurais vu. Il doit avoir eu son bateau promptement, mais Papa est un homme très prompt. » Sur quoi Jim réfléchit que l’on courrait sur le brick des pilotes une corde à nœuds, qui piquait comme guêpe ; mais cette pensée, il la chassa comme incompatible avec la dignité d’un pilote officiant, qui n’avait qu’à incliner la tête pour mettre en mouvement le bambou d’Erh-Tze.

Au moment où l’Américain évoluait vers eux, juste avant les Sables de Foultah, Jim le fouilla de sa longue-vue, et vit son père sur la