Page:Kipling - Du cran.djvu/8

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Nombreux ceux qui l’ont fait, dont la gloire encor brille :
Large flamme allumée en un falot d’enfant :
Donc avis à l’infirme avec ou sans béquille —
Du Cran — du Cran ! Et dans l’Esprit, du Cran !

Et si l’Esprit paraît gauche ou balourd,
Obstiné comme glaise ou mobile à la brise,
Fortifiez le Corps, et le Corps à son tour
Fortifiera l’Esprit jusqu’à pleine maîtrise ;
Tel le bon cavalier, en face de l’obstacle,
Du mors, de l’éperon, stimule le pur sang,
Et saute ; et tout le champ applaudit au spectacle !
Du Cran — du Cran ! Et dans le Corps, du Cran !

Rien — ni les Arts, ni les Dons, ni les Grâces —
Ni la Gloire, ni l’Or, — ne le remplace, absent.
Il est la Loi, qui toute loi embrasse —
Du Cran — du Cran ! Esprit et Corps, du Cran !

Cœur égal qui jamais ne triche un battement —
Tête froide pesant ce que le cœur convoite —
L’œil mesurant le pas, rendant la main adroite —
L’Âme indomptable quand le Corps enfin se rend —
Voilà ce qu’affaibli notre monde requiert,
Bien plus que les superfluités du talent ;