Page:Kipling - Du cran.djvu/87

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Le rôle de William dans l’affaire fut — ce qu’il avait toujours été. Il commença par perdre la plupart de ses effets ; ensuite son oncle lui parla à la mode de la marine de 96 avant de le rééquiper ; troisièmement il tomba boiteux derrière la charrette à bras à cause d’une pierre dans son soulier, et à son arrivée au camp réintégra — non pour la première, seconde ou troisième fois — son emploi dédaigné d’Ordonnance de Camp, et fut mis à la disposition de La Crevette, dont les yeux bleu clair sortaient d’un visage taché de son, et dont la longue poitrine étroite était chargée d’insignes. À partir de ce moment les choses suivirent leur cours habituel. Une fois de plus La Crevette assura son Chef qu’il prendrait énormément soin de William et lui donnerait du travail en rapport avec ses capacités et intelligence. Une fois de plus William grogna et frétilla à cette annonce, et une fois de plus dans le silence du camp abandonné le lendemain matin, tandis que le reste des Pélicans était joyeusement en train de se fourrer dans la vase jusqu’à leurs jeunes becs pour jeter des ponts sur les ruisseaux, courba-t-il le cou sous les ordres à jet continu de La Crevette. Car La