Page:Kipling - Le Second Livre de la jungle.djvu/220

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
209
l’ankus du roi

— Si j’avais su cela, je ne l’aurais pas pris. D’abord le sang de Messua sur ses liens, et maintenant celui de Hathi. Je ne veux plus m’en servir. Regarde !

L’ankus vola parmi des étincelles, et s’enterra lui-même, la pointe en bas, à cinquante mètres de là parmi les arbres.

— De cette façon, mes mains sont lavées de la mort — dit Mowgli en frottant ses mains sur la terre humide et fraîche. Le Thuu a dit que la Mort me suivrait. Il est vieux, il est blanc et il est fou.

— Blanc ou noir, mort ou vie, moi, je vais dormir, Petit Frère. Je ne peux pas chasser toute la nuit et hurler tout le jour, comme certaines gens.

Bagheera s’en alla vers un gîte d’affût de sa connaissance à environ deux milles de là. Mowgli grimpa sans peine sur un arbre commode, noua trois ou quatre lianes ensemble, et, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, se balançait dans un hamac à cinquante pieds du sol. Bien qu’il n’eût pas d’objections positives contre le grand jour, Mowgli suivait la coutume de ses amis, et en usait le moins possible. Lorsqu’il s’éveilla parmi les bruyantes peuplades qui vivent dans les arbres,