Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/106

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si, sous ces haillons, tu pouvais reconnaître celle qui fut autrefois ta Wilhelmine… quels ne seraient point tes remords !… ils feraient ton supplice.




Scène III.


WILHELMINE, UNE JEUNE PAYSANNE.



(Cette dernière entre en chantant, portant une cruche avec du lait, et des œufs dans un panier. Dès qu’elle apperçoit Wilhelmine, elle lui dit)

Bonjour, bonne femme !


Wilhelmine.

Bonjour, ma belle enfant… n’auriez-vous point… Dieu ! que fais-je !… Faut-il donc que je sois réduite à mendier un morceau de pain ?


La jeune paysanne.

Un morceau de pain !… attendez !… Je m’en vais vîte courir à la ville… vendre mon lait et mes œufs, et vous apporter quelque chose… Mais en attendant, vous souffrez… tenez, sans façon, voudriez-vous goûter de mon lait ?


Wilhelmine.

Oh ! oui, ma bonne enfant.


La jeune paysanne.

Buvez ! buvez ! (elle lui tient le vase avec un air de bonté.) En voulez-vous davantage ?… Buvez buvez ! je vous le donne de bon cœur.


Wilhelmine.

Que le bon Dieu te récompense ! Tu m’as rendu mes forces.


La jeune paysanne.

J’en suis charmée. (elle la salue d’un air amical.)