Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/134

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commences encore… tu vas nous conter des fagots ; des histoires, qui n’ont ni père ni mère… est-ce que tu l’as vue donc ? Est-ce que tu étais là ?… Est-ce qu’elle a jamais dit qu’il fût le papa du poupon ?…


Brigite.

Pas d’autr que lui… Tiens… je ne mettrais pas mon doigt au feu, parce que ça brûle… mais je parierais ben mon beau bonnet des dimanches… oui, ma figue, mon bonnet à franges d’or, vois-tu ? Oh fi ! fi ! ça n’était pas beau ; ça était ben méchamment manigancé que tout ça. Dieu sait ce qu’elle est devenue, cette pauvre petite criature !… peut-être morte de faim, ou de misère… ou pis encore… Vois-tu, Lucas, j’ai toujours eu cette affaire-là, gros comme un caillou, sur la poitreine… et puis quand je pense à ce bon homme Burchel… cet honnête vieillard ! il vivrait encore, dà, s’il n’était mort de chagrin.


Wilhelmine, qui dès le commencement de ce dialogue s’est trouvée mal, s’évanouit tout-à-fait.

Lucas.

Eh ! tais-toi, tais-toi, tu bavardes sans cesse… Mais tiens (montrant Wilhelmine) regarde, la vlà qui s’en va.


Brigite.

Ah ! mon Dieu ! mon Dieu ! la pauvre femme !… qu’allons nous faire ?…