Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/135

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Lucas.

Portons-la sur not’ lit… Elle est, ma foi, devenue, je crois, tout-à-fait morte. Allons, allons, boutons-la sur not’ lit… dans une heure ou deux tout sera dit. (Ils portent Wilhelmine toute évanouie. La toile tombe.)




Scène III.


Le Théâtre représente un salon du château de Wildenheim. Un domestique prépare le déjeûner. Le baron entre en habit du matin.



Le Baron, au domestique.

Monsieur le comte dort encore…


Henri.

Non, monsieur, il vient de se faire coiffer.


Le Baron.

Je m’en doutais à l’odeur empestée de je ne sais quelle poudre ou quelle pommade répandue dans la maison. (à Henri) Appelez ma fille. (Henri sort, le baron s’assied) Je pense que monsieur le conseiller-privé, mon ancien ami, m’a envoyé là un assez mince sujet. Tout ce qu’il dit me paraît si frivole que cela m’impatiente… Nous autres Allemands… nous sommes de bonnes gens… francs, honnêtes, braves comme notre épée… mais pour les grâces, oh ! c’est un avantage qui revient et qu’il faut céder à une nation vive et sémillante, dont nous sommes, pour l’ordinaire, de très-mauvais copistes. La plûpart de nos jeunes gens en fournissent la preuve… On les fait