Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/140

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Le Baron.

Il a raison… Mais… quand à ces avantages on joint le vrai mérite… les qualités du cœur en un mot… tu m’avoueras, qu’il n’y a plus à balancer.


Amélie, souriant.

Est-ce là le cas du jeune comte de Muller ?


Le Baron, embarrassé.

Son père a rendu de grands services à l’État ; c’est un de mes anciens amis. C’est lui qui me fit connaître ta mère… qui me la fit épouser, et qui crut par ce mariage si avantageux… pour la fortune… assurer mon bonheur. Je lui dois beaucoup. Il sollicite ta main pour son fils, avec empressement, et juge assez favorablement de lui pour croire que s’il ne t’intéresse pas encore… il pourra t’intéresser un jour.


Amélie.

Il croit cela ?


Le Baron.

Oui… Mais toi ?


Amélie.

Moi ?… non… Cependant, mon père, vous savez que je n’ai de volonté que la vôtre.


Le Baron.

Et c’est ce que je ne veux pas… Dans le cas dont il s’agit, cette condescendance deviendrait faiblesse de ta part… tyrannie de la mienne… Tu n’as pas d’idée encore, mon enfant, de ce que c’est qu’un lien formé sans amour… sans simpathie