Page:Kotzebue - Supplement au theatre choisi.djvu/142

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je vous assure que ce contre-temps me déplut infiniment.


Le Baron, à part.

Ce contre-temps… de l’humeur… Allons, je vois bien que la corde qui doit donner du son à cet instrument n’a point encore été touchée. Ne désespérons pas cependant (à Amélie) mon enfant, c’est assez… je n’en veux point savoir davantage. Ton bonheur, qui m’est bien plus cher que le mien, ton bonheur que je veux assurer, est le seul motif qui m’ait engagé à te faire toutes ces questions… Le mariage, ma chère Amélie, quelque idée qu’on s’en forme, n’est pas toujours un état heureux… Avant de penser à former des nœuds qui ne se rompent qu’avec la vie, il faut connaître les obligations qu’ils nous imposent, et les devoirs qu’ils prescrivent… Notre digne pasteur, M. Erman, qui jusqu’à présent a veillé à ton éducation, est celui que j’ai choisi pour te donner là-dessus les instructions et les directions convenables. C’est un homme sage, éclairé, prudent… peut-être lira-t-il dans ton cœur mieux que toi-même. Il connaît le comte… il l’étudiera… il décidera s’il est digne de ton choix ; et s’il en est ainsi, et qu’il puisse faire le bonheur de mon Amélie, je n’aurai plus rien à désirer. (il l’embrasse, puis il appelle) Henri !


Henri.

Monsieur !